TEXTE un long chemin à parcourir avant

TEXTE TPE RÉDIGÉMichel est un homme âgé de 73 ans, et fait 80 kilos pour 1m80. Malheureusement pour lui et son entourage, Michel est décédé le 11 mars d’une crise cardiaque alors qu’il campait avec sa famille dans une forêt. Sa fille Sarah est profondément peinée et demande alors à sa mère s’il serait possible que son corps ne pourrisse pas comme les fruits de son jardin. Sarah ne s’en rend pas encore compte, mais sa question est complexe et véritablement digne d’intérêt.Elle pourrait en effet se traduire scientifiquement par la question :Comment peut-on arrêter le processus de décomposition après la mort ?Tout d’abord, qu’est-ce que la mort ?Attention, car il existe plusieurs types de mort, il nous faut donc bien déterminer duquel nous parlons aujourd’hui.La mort est un concept abstrait et possède de nombreuses définitions. On peut par exemple parler de mort encéphalique, qui se caractérise par la mort du cerveau, soit l’arrêt total de sa fonction. Il existe également la mort clinique qui signifie l’absence de réflexe, d’activité musculaire et respiratoire. Cette mort est donc réversible. Mais celle dont nous parlons actuellement est la mort biologique qui se définit par un arrêt irréversible des fonctions vitales, soit l’assimilation de nutriments, la respiration, le fonctionnement du coeur et le fonctionnement du système nerveux central. Pour simplifier la chose, cela signifie l’arrêt du fonctionnement du cerveau, du coeur et des poumons.Revenons à présent vers notre cher Michel. Il est bel et bien mort, nous pouvons vous l’attester. Parti dans une nouvelle aventure encore inconnue pour le commun des mortels, Michel n’est cependant plus de notre monde. En revanche, son corps a encore un long chemin à parcourir avant de retourner à l’état de poussière. C’est la décomposition.Mais en quoi consiste donc la décomposition ?Tout d’abord il faut savoir qu’il n’existe pas d’étapes successives de la décomposition dans un ordre très précis, puisque certaines ont lieues simultanément, et arrivent plus ou moins rapidement selon les conditions de la mort.Néanmoins, un des effets quasi toujours immédiat est que la température du corps change.Le corps de Michel a été retrouvé un peu plus tard, alors qu’il est mort après avoir fait sa promenade digestive du soir aux alentours du camping. Lors de notre vivant, un processus physiologique permet de garder certaines constantes comme la pression artérielle, le fonctionnement du coeur et des vaisseaux et la température du corps. Après la mort, ce processus, appelé homéostasie, s’arrête, donc la température du corps n’est plus constante et commence à se stabiliser avec la température du milieu ambiant, dans les pays tempérés, la température baisse. Or, la forêt dans laquelle se trouve son corps était cette nuit d’une température de 10°C, on peut donc supposer que son corps à l’origine d’une température de 37°C va refroidir progressivement jusqu’à atteindre ce chiffre. Ce processus de baisse de température se compose de plusieurs phases : 30 min à 3h après le décès, c’est la phase du plateau thermique initiale durant laquelle la température ne change que très peu par rapport à celle initiale. de 3h à environ 18h, c’est la phase intermédiaire de décroissance rapide durant laquelle la température chute considérablementaprès 18h, c’est la phase terminale de décroissance lente où la température se stabilise autour de la température ambiante.Le Dr. Claus Henssge a réussi à établir une fonction mathématique qui permet de trouver l’heure du décès grâce à la température rectale, la température ambiante et la masse du corps dont la formule est : k étant une variable Le nomogramme de Henssge permet de dater la mort. Il se base sur une constante, la température rectale du corps retrouvé ainsi que la température ambiante. Ce nomogramme seul n’a pas une estimation assez précise, en effet il ne marche que pour un corps nu dans un air calme, on applique donc les facteurs correctifs (Cf), qui permettent d’ajuster le résultat obtenu avec le nomogramme. Par exemple, plus le corps sera habillé, moins vite il refroidira, ainsi si le facteur de base qui est un corps nu dans un air calme correspond à 1, un corps peu habillé dans un air calme aura lui un facteur de 1,1.En outre, si Cf est  supérieur à 1, le corps refroidit plus lentement. Si Cf est inférieur à 1, le corps refroidit plus rapidement. Dans le cas de Michel, l’air était calme et il était habillé modérément, ainsi on constate que le Cf est égal à 1,2, et celui-ci étant supérieur à 1, le corps de Michel va refroidir plus lentement. On retrouve son corps dans la fôret le 12 mars à 7h, celui-ci pèse 80kg et sa température rectale mesurée est de 30°C. On constate également à l’aide des données météorologiques que la température de la fôret est de 10°C et qu’elle est constante depuis hier. Grâce au nomogramme de Henssge on peut alors estimer sa mort entre 8,6h et 14,2h avant la prise de température, soit entre 17h48 et 22h24, mais sa mère et sa fille l’ayant vu vivant jusqu’à sa promenade nocturne à 21h, il serait décédé entre 21h et 22h24 le 11 mars.Nous pouvons alors conclure pour le moment que l’environnement, le climat, la température, la masse de l’individu en bref les conditions dans laquelle se trouvait le corps avant et après la mort, influent énormément sur la vitesse du changement de température du corps après la mort. La baisse de température s’accompagne aussi d’une déshydratation du corps. En effet, le corps humain n’étant plus hydraté perd l’eau qu’il contient après la mort. Le corps humain est composé à 65% d’eau, la perte de l’eau entraîne donc une perte de masse conséquente. On estime à peu près une perte de poids de 20 grammes par kilos de corps et par jour. Les globes oculaires rétrécissent également car composé de liquides (humeur vitrée et humeur aqueuse). La cornée s’opacifie, et une tâche noire au niveau de la sclérotique apparaît. Les lèvres et les organes vitaux se dessèchent. L’environnement dans lequel le corps se trouve joue aussi : un endroit sec et chaud fera se poursuivre la déshydratation jusqu’à momification. Plus la température ambiante augmente, plus la déshydratation est rapide. Le corps subit aussi des déformations musculaires. Effectivement, une des étapes de la décomposition est la rigidité cadavérique qui est la contraction de l’ensemble des muscles du corps. Cette rigidité est due à la perte de la souplesse des tissus musculaires liée à l’introduction d’une acidose, une forte acidité dans le sang qui après la mort ne peut être éliminée par l’urine. Elle est elle-même provoquée par l’endommagement du glycogène qui est un glucide présent dans les muscles. Après la mort, le calcium s’accumule dans le corps en raison de l’arrêt de la respiration cellulaire, et ainsi les ions calcium (Ca2+) qui sont liés à la protéine troponine responsable de la réaction entre la myosine et l’actine dans les fibres musculaires. Cette réaction est la cause de l’immobilisation des muscles. La rigidité cadavérique commence au niveau de la nuque, puis des paupières et de la mâchoire, et enfin continue sa descente jusqu’aux orteils.Une des autres étapes de la décomposition est la lividité cadavérique. La lividité cadavérique est le déplacement de la masse sanguine vers les parties inclinées. En effet, les vaisseaux sanguins sont constitués de cellules endothéliales qui s’ouvrent et laissent sortir des globules rouges. Ces derniers ont une densité supérieure à celle du plasma et des autres cellules dans le sang. En effet, la densité des globules rouges est de 1,095 alors que densité des autres cellules sanguines se situe entre 1,070 et 1,085, ce qui a pour effet de faire tomber les globules rouges vers le bas. Le sang devient visible grâce à la translucidité de la peau.